La preuve par l’image (collages)

« La preuve par l’image » est une série de 6 collages sur papier qui aborde notre relation à l’image à l’ère du numérique extrême — c’est-à-dire un monde saturé d’écrans, de flux visuels continus et de production d’images instantanée. En ce sens, cette série s’inscrit dans une recherche plus large sur notre dépendance aux images, intitulée « Écran Total ».

La preuve par l’image, une série de 6 collages sur papier

L’artiste MIMI the ClowN a l’envie de réaliser une série de collages après avoir admiré ceux de l’artiste Middy Sebolavy, et surtout à la suite de sa rencontre avec Jérôme Delavenne, documentaliste à l’ESJ Lille, où il était intervenu un mois plus tôt pour un atelier pochoirs.

Il découvre alors les archives gigantesques de l’école et se trouve immédiatement fasciné par les publicités originales des années 50, les slogans machistes des magazines des années 80, ainsi que par les publicités automobiles omniprésentes depuis… toujours.

Une machine à écrire Olympia — de celles utilisées par les étudiants à l’époque pré-informatique — lui est prêtée. Il rassemble alors tous les ingrédients nécessaires à la création d’une nouvelle série de collages, entre archives, images imprimées et écriture mécanique.

La création vue comme une recette de cuisine

L’artiste épluche des Paris Match des années 50 et 60. Les publicités promettant jeunesse éternelle et produits miracles l’interpellent. Les Rock&Folk des années 90 et 2000 lui fournissent, quant à eux, maints slogans tapageurs, plus proches de ses idéaux.

Les magazines généralistes, comme Le Nouvel Obs, avec leurs nombreuses publicités automobiles et leurs préoccupations toujours actuelles — essence trop chère, crise économique — viennent nourrir sa réflexion.

À partir de ces matériaux, l’artiste compose, assemble, découpe. Il décide alors d’agrémenter ses collages de textes dactylographiés, tous liés, de près ou de loin, à la problématique de l’image, et prolonge ainsi sa série « Écran Total ».

Quels sont ces textes ?

On y trouve des citations d’artistes, et en particulier de l’artiste dadaïste Francis Picabia. Des extraits de 1984 de George Orwell évoquent le « télécran » omniprésent, qui surveille et donne ses instructions — une allégorie des réseaux sociaux actuels selon MIMI the ClowN.

Des phrases d’auteurs apparaissent également, comme celle d’Arthur Rimbaud, pour qui « le poète doit se faire voyant ». Une idée qui rappelle la mission essentielle, voire première, de l’artiste, et qui résonne fortement avec notre époque.

On y trouve aussi une citation de Julian Assange à propos d’un « écran de fumée », ainsi que la formule « ceci n’est pas une pipe » de René Magritte, ô combien célèbre et tellement utilisée qu’on en oublie parfois le sens premier.

Enfin, « Between fiction and fact » renvoie à l’œuvre de Richard Deacon, à laquelle MIMI the ClowN ajoute une dimension résolument contemporaine : celle du virtuel.

Des dessins originaux

MIMI the ClowN ne se contente pas d’assembler des coupures de magazines et des textes dactylographiés. Il y ajoute un élément supplémentaire : des dessins originaux, avant de ré intervenir par-dessus, à l’encre.


« La preuve par l’image », série de 6 collages originaux (2026)

La preuve par l’image est une série de 6 collages originaux sur papier 250 g, numérotés de 1 à 6, au format 29,7 x 42 cm (A3), réalisée en 2026.

  • « Entendez-vous » (1/6) ouvre la série sur l’omniprésence du téléphone et du monde virtuel qui, au lieu de rapprocher les êtres humains, tend à les éloigner. L’assertion dactylographiée « la preuve par l’image » renvoie à cette formule, aujourd’hui dépassée, que l’on entendait fréquemment à la télévision, lorsque l’image faisait encore office de preuve d’authenticité.
  • « En liberté » (2/6) est sans doute l’œuvre la plus représentative de la série. Un clown y fait surgir des phrases d’un chapeau, qui s’échappent en un panache de mots (d’é mot ions), comme une mise en circulation d’idées et de fragments de pensée.
  • « Soignez votre beauté en douceur » (3/6) évoque le temps qui passe — une bougie consume une ligne qui se termine par le mot « fin » — à travers les promesses (et les mensonges) adressées aux hommes afin de rester jeunes plus longtemps. Une œuvre en forme de manifeste, telle une pancarte brandie lors d’une manifestation.
  • « Boycottez le super » (4/6) est une œuvre particulièrement actuelle, en résonance avec notre époque — notamment les tensions géopolitiques liées à la guerre Iran–États-Unis dans le détroit d’Ormuz — mais aussi avec celles qui, depuis la naissance de l’automobile, se succèdent. Les individus s’y trouvent enchaînés à une énergie fossile polluante dont on ne cesse pourtant de dénoncer l’usage.
  • « Café matin café coquin » (5/6) et « Not shy » (6/6) clôturent la série. Ces deux œuvres, à connotation sexuelle assumée, interrogent le lien entre désir, image et consommation. L’artiste laisse au « regardeur » — pour reprendre les mots de Marcel Duchamp — le soin d’en proposer sa propre interprétation. Censure, crise et références à René Magritte s’y entremêlent dans un véritable orgasme visuel.
Bannière du webshop en ligne de MIMI the Clown
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Calligraphie bleue écrite par MIMI the ClowN indiquant “J’envoie un message !”, utilisée comme bouton visuel vers la page Contact.

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